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Optic For Good, un label qui vous aide à choisir vos lunettes écoresponsables

Bannière Optic For good

Découvrez notre discussion avec Carole, fondatrice du label Optic For Good et de l’association RecyclOptics. Pour des lunettes et des opticiens écoresponsables ! Pour le recyclage Optique ! Bonne lecture !


Bonjour Carole ! Donc pour commencer, j’aurais bien aimé en savoir davantage à propos de votre parcours. Et j’ai compris également qu’il y avait donc Optic For Good mais aussi RecyclOptics… C’est bien ça ?

Exactement ! Donc Optic For Good est le premier label pour lunettes écoresponsables mais aussi  pour opticiens écoresponsables. Je l’ai fondé il y a trois ans, pour les lunettes, et il existe depuis maintenant janvier 2021 pour les opticiens.

Optic For Good au SILMO
Optic For Good

Optic For Good, c’est pour ainsi dire le résultat de tout le travail que j’avais commencé il y huit ans environ. Un projet qui est né avec le blog « Les lunettes écologiques ». Je me posais donc la question, « est-ce que ça existe des lunettes dites ‘écologiques’ ? ». En vérité, à cette époque il en existait très peu et je me suis dit : le peu qu’il existe, il faut le réunir dans un blog ! Cet univers me parlait beaucoup, celui de partage des connaissances, de communautés, etc… Je me suis dit, peut-être que je suis pas la seule à vouloir avoir ce genre d’informations là, alors je me suis lancée… histoire de voir jusqu’où ça me mène. 

J’ai avancé petit à petit, à créer une communauté tout autour puis à rencontrer les marques. Elles me parlaient beaucoup de leur aventure, de leur état d’esprit et bien sûr, pourquoi elles ont fait ça. 

J’avais des retours plutôt divergents : certains me disaient « pourquoi tu parles de cette marque ? Celle là est mieux ! Celle est moins bien ! »… C’était un peu compliqué ! 

En effet, il y a peut-être une part de subjectivité, du moins la communauté peut le percevoir comme ça.

Voilà ! Donc pour régler ce point… Je suis partie involontairement du cas de la mode. J’avais également des contacts dans la mode éthique, tout simplement parce que j’aimais bien. Et comme c’est un domaine plus avancé que l’optique/ lunetterie, ça m’a beaucoup inspiré. 

Je suis allé à la rencontre de ces acteurs et je me suis liée d’amitié avec Eloïse et Thomas de SloWeAre. C’est vraiment eux qui m’ont incité à créer une véritable charte. J’avoue que j’ai mis du temps mais un jour je me suis posée et j’ai commencé à y réfléchir. D’ailleurs, c’est celle qui est en ligne, on peut la lire ! 

C’était une grande avancée… mais comment je pouvais vérifier les différentss lectures ? Je me suis dit qu’on pouvait faire un audit et c’est de là qu’est venu le label. 

Je suis partie d’une simple question en dehors de mes heures de travail à me demander, mais comment professionnaliser ? Et je suis retombée sur le label Optic For Good. 

label Optic For Good
Source : Optic For Good

Très bien, cette démarche permet aussi de démocratiser cette pensée, cette vision. Pour en revenir rapidement à votre parcours… vous étiez donc opticienne au démarrage de ce projet ?

Tout à fait ! Effectivement, et je me suis maintenant consacrée depuis 3/4 ans à 100% à Optic For Good.

Et si j’ai bien compris, ce label se divise en deux parties.

J’ai d’abord voulu commencer par les marques car c’est ce que je faisais depuis le début. Je mettais en avant les marques. C’était une véritable passion, celle de découvrir leurs histoires.

Peu à peu, au fil du lancement, j’ai également eu des opticiens qui m’ont contacté pour devenir à leur tour ‘Optic For Good’. C’était une vraie surprise ! J’avais pas du tout pensé à cette opportunité. Je pensais être la seule opticienne un peu écolo. Mais du coup ça a réveillé de nombreuses questions… faut-il partir sur la même charte, faire le même audit ou pas ? 

Finalement cette partie s’est créée début 2021. La base de la charte est la même que pour les marques. On a donc juste enlever certains points sur les lieux de fabrications ou encore les matériaux et à l’inverse on a ajouté des questions plus adaptées, plus spécifiques aux opticiens. 

Concernant l’audit, c’est assez similaire aussi. Même si on les distingue, ils se ressemblent car ils partagent les mêmes valeurs, la même vision des choses.

Super ! Ça a dû être, en effet, un vrai travail de fond ! Du coup, pour être « certifié », il faut des pré-requis particuliers, je suppose ?

C’est vrai, c’est une question qui revient souvent ! 

En vérité, l’audit est ouverte à tout le monde ! C’est en partie pour se donner une chance, se donner des idées car le but c’est aussi de permettre au secteur de l’optique-lunetterie de s’améliorer. 

Il n’y a donc pas vraiment de pré-requis. Il faut d’abord se référer à la charte puis il y a ensuite une discussion qu’on effectue avant l’audit. C’est à ce moment donné qu’on ressent si les acteurs se sentent réellement concernés, ou pas. Cette manière me permet aussi de passer au travers de ceux qui viennent uniquement pour le style, pour la tendance.

 

Avec Optic For Good, on véhicule certaines valeurs. A force de parler de lunettes écologiques depuis près de huit ans maintenant, les gens me connaissent. Généralement, si les marques ne se reconnaissent pas dans nos idées, elles ne viennent pas. Je pense qu’elles viennent, parce qu’elles se reconnaissent et jusque là, mon travail est vraiment celui de réunir des gens qui ont ces mêmes engagements. Nous ne sommes actuellement pas là pour labelliser simplement pour labelliser. 

Le label est ouvert à tous, et même si l’indicateur de performance qu’on s’est fixé n’est pas atteint. Ils pourront donc travailler sur ces points de leur côté, développer des choses et revenir ensuite pour repasser l’audit. 

Super et on en vient donc à RecyclOptic, un projet bien plus récent, c’est bien ça ?

Oui, la structure est récente mais la réflexion date à peu près des prémices du blog en réalité. Dès le début, c’est une question que je me suis posé « mais pourquoi ça ne se recycle pas ? »

Personnellement, j’ai toujours été une grande « recycleuse » et pourtant j’ai mis du temps à faire le lien entre les deux univers.

Recycloptics, recyclage optique
Source : Recycloptics

Du coup, je me suis demandée si les verres ophtalmiques se recyclaient. A l’heure actuelle, on a 13 millions de lunettes vendues par ans et donc grosso modo 26 millions de verres… ça fait quand même beaucoup n’est-ce pas ? 

Donc je me suis rapproché de « gros recycleurs », et finalement ça ne les intéressait pas malgré la quantité qui pouvait être générée, déjà en France, et bien sûr mondialement.

J’ai laissé cette idée de côté un temps et puis elle est revenue sur la table avec Optic For Good. D’une part avec les opticiens mais aussi avec les lunetiers, la question de comment gérer les déchets m’a été adressé.

J’ai donc lancé, depuis un peu plus d’un an, un programme de recyclage avec Optic For Good, qui concernait les verres de présentations et les lunettes cassées. C’était important pour moi de parler aussi de ces lunettes puisqu’aujourd’hui, oui il existe des associations qui revalorisent des lunettes usagées, et c’est très bien ! Cependant, on aurait apparemment seulement 30% des lunettes qui seraient revalorisées grâce à ce circuit. (Chiffres internes, non officiels) Le reste est jeté à la poubelle. 

Ça fait finalement peu de lunettes revalorisées quand on s’attarde sur les chiffres !

Moi ça me sidère ! Donc on a fait le choix d’être audacieux et de se dire : on va recycler les lunettes à 100%. On prend les lunettes cassées qu’on dépiaute et qu’on stock, et les lunettes usagées sont envoyées aux associations classiques.

Du coup, ça fait près d’un an que me renseigne à se sujet, notamment pour trouver les industriels avec qui je peux travailler pour recycler. J’ai fait le tri de paquets de lunettes envoyés par une bonne vingtaine d’opticiens et cela comprend près de 50 kg de verres de présentations, près de 5 kg de lunettes usagées et un peu moins de lunettes cassées.

C’est une grande satisfaction ! A ma petite échelle, je peux me dire que j’ai réussi à sauver ça de la poubelle. Mais en voyant que personne ne fait rien à ce sujet, et que ça n’existe pas, je me suis dit qu’il fallait créer cette filière du recyclage en optique/lunetterie. Voici RecyclOptics. 

Mais ce n’est pas seulement une filière de recyclage. A travers elle, nous souhaitons aussi sensibiliser et éduquer à l’écologie. En somme, ok on prend vos poubelles mais en échange vous vous devez aussi en amont faire attention aux déchets et à ce qu’ils vont devenir.

 

Pour véritablement faire un pas dans l’écologie, il faut une solution globale sinon dans huit ans on sera toujours au même endroit.

Carole riehl, fondatrice de optic for good et recycloptics

En effet, c’est une relation réciproque et du coup, il y a nécessairement une sensibilisation auprès des marques, des opticiens à propos du fléau que sont les déchets ?

En vérité, c’est un sujet dont on parle déjà en interne, tout le monde est au courant mais apparemment personne ne peut rien me dire ou me sortir des chiffres. C’est un phénomène qui me sidère car ça m’empêche d’en parler réellement ! Je me résume uniquement aux quantités collectées à mon échelle. 

Et à côté de ça, plusieurs industriels pensent qu’on a la solution miracle à ce problème mais non on ne l’a pas, on avance pas à pas. Et il faut dire qu’eux-même ne l’ont pas à l’heure actuelle !

Ils n’auraient donc pas planchés sur une solution durable car ça ne les intéresse pas ?

En quelque sorte ! J’ai l’impression que c’est au ralentis, que c’est un sujet qu’on place sous une pile de documents à traiter et qu’on se dit ‘on verra plus tard’.

Mais au bout de huit ans, je ne vois pas d’évolutions. Oui, il y a peut-être des solutions développées, pour ne pas être trop négative, mais seulement sporadiquement. Il n’y a pas de solutions globales.

Pour véritablement faire un pas dans l’écologie, il faut une solution globale sinon dans huit ans on sera toujours au même endroit.

Exactement, comme vous le disiez dans votre communiqué de presse, n’est ce pas ? C’est bien la force du collectif qui fera en sorte que ce mouvement puisse se démocratiser.

Tout à fait ! Je parle souvent d’intelligence collective ! C’est une idée que j’ai particulièrement testé à travers un programme auquel je participe, un groupe d’entrepreneuse : le programme WomenAct d’Empow’her !

Au cours de plusieurs séminaires auxquels j’ai participé, on a vraiment exploité cette vision d’intelligence collective ; et on a eu de super résultats ! 

Du coup, j’ai essayé de faire ceci aussi avec Optic For Good et je porte un grand espoir à le développer aussi avec l’association.

Et je vous le souhaite ! J’aurais aimé savoir si vous le voulez bien qu’on éclaircisse les termes de lunettes écologiques, de lunettes écoresponsables pour un néophyte.

Oui bien sûr ! Déjà, quand on parle d’écologie, on parle surtout de l’impact environnemental. Etant donné qu’il n’existe, à l’heure actuelle, pas de lunettes 100% écologiques, je préfère le terme de ‘lunettes écoresponsables’. Ça permet de prendre la totalité des solutions mises en place.

Du coup, je me dis toujours qu’on peut se poser cinq questions et j’ai d’ailleurs fait une vidéo à ce sujet.

Vous aurez un bon indice si celle-ci est labellisée Optic For Good. Et ensuite, il faut regarder d’où elles viennent, qui les fabriquent ou encore qui est derrière la marque. Mais j’aime aller encore plus loin : il faut essayer de connaitre la provenance. Même si c’est du bois, il y a très peu de traçabilité de la matière.

Si on se réfère à de petites marques, ce sera plus simple car celles-ci peuvent plus facilement retracer la provenance et ainsi être plus transparents. Une grande marque, a contrario, n’aura pas forcément la main sur la traçabilité. 

En vérité, ce sont des questions assez similaires qu’on pourrait se poser pour des vêtements. 

Le consommateur peut donc poser des questions à l’opticien, et si ce dernier ne sait pas, peut être n’est il pas lui-même écoresponsable. Après peut-être qu’il n’ait pas la réponse car la marque ne communique pas dessus et auquel cas, elle n’est peut-être pas écoresponsable. En général, les marques durables sont fières et vont être transparentes jusqu’à l’origine de la matière. 

Pour aller plus loin, on va dire que c’est mon job, c’est le job d’Optic For Good !

Et pour un professionnel de l’optique qui veut être plus responsable, en voulant notamment faire recycler ses lunettes. Peut-il vous contacter directement ? Doit-il être audité en amont ?

L’audit par Optic For Good est bien à part, on est davantage sur le sujet de la labellisation.

En revanche avec RecyclOptics, on s’adresse à tout opticiens et à tous les métiers de l’optique- lunetterie. Il suffit de nous écrire à contact@recycloptics.org (ou s’inscrire à la newsletter de RecyclOptics pour etre au courant des dernieres nouvelles ). On répond alors aux nombreuses questions : si on peut déjà nous les envoyer ou si on recycle dès à présent…

On avance petit à petit, on va chercher de nouveaux partenariats, notamment pour le stockage.

D’accord, très bien ! Vous avez néanmoins déjà effectuée une première collecte en novembre dernier, vous pouvez nous en parler ?

Exactement, on voulait particulièrement rebondir sur la semaine de réduction des déchets pour sensibiliser. J’en ai profité pour en parler notamment à ma communauté de communes car ça permet aussi de réfléchir sur le process et faire participer les opticiens labellisés. Nous sommes une véritable communauté de confiance et nous avons pu tous resserrer nos liens et en parler autour de nous.

On a l’idée de reproduire ce type de collecte et pourquoi pas, de l’installer annuellement ou encore de créer des ateliers de sensibilisation à l’échelle locale, à destination du grand public.

On souhaite sensibiliser à l’idée de mieux acheter, de penser à la fin de vie du produit aussi ou encore parler du recyclage qui intervient après.

Merci à Carole, fondatrice d’Optic For Good & RecyclOptics pour cet échange ! Vous avez maintenant tous les outils pour faire de l’optique/lunetterie un monde plus vert !

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