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Compilstore, un atelier boutique entre frip et upcycling

Bannière Compil Store

Découvrez Compilstore, un shop unique créé par Shahineze et Alexis. Rendez-vous au coeur de Paris, pour découvrir une superbe sélection de seconde main et des pièces uniques upcyclées. Bonne lecture !


Bonjour Alexis, comment vas-tu ? Compilstore est un atelier-boutique situé au 34 rue Notre Dame de Nazareth dans le troisième arrondissement de Paris. Peux-tu nous dire quand avez-vous ouvert le shop ?

Bonjour Lucas, ça va bien je te remercie ! On a donc ouvert Compilstore le 17 août de cette année. Donc ça fait un peu plus de deux mois. 

Avant d’aller plus loin sur Compilstore, j’aimerais qu’on parle des personnes derrière ce shop au top. Vous êtes deux : Shahineze et toi. Quel est votre parcours ? Avez-vous toujours été dans la mode ? 

Donc moi c’est Alexis et je suis cofondateur de Compilstore avec Shahineze qui est à la fois mon associée et ma femme. Pour ma part, je suis entrepreneur depuis que j’ai 19 ans. J’ai ouvert ma première boîte, dans l’assurance. Après j’ai fait de la restauration et à 25 ans environ, je me suis remis en question sur le rôle que j’avais, au niveau sociétal, aux travers de mes entreprises. 

Il s’est avéré que ce que j’apportais à la société en tant qu’entrepreneur ne me convenait plus. Donc j’ai revendu mes affaires à l’époque et j’ai décidé de me lancer dans des entreprises qui apportent quelque chose de positif à la société. 

J’ai donc créé une start-up qui s’appelle Walk United. C’est une application mobile qui permet à ses utilisateurs de convertir leur marche en don. Les utilisateurs marchent toute la journée, et on leur donne la possibilité de convertir gratuitement leur marche en don. Et la marche est financée par la publicité qui est sur l’application. 

Co-fondateurs Compilstore
Source : Compilstore IG

Pour en revenir à Complistore, il y a deux ans, on s’est rencontré avec Shahineze et on a eu l’idée de monter une marque éco-responsable, chose qu’on a finalement pas fait sur le moment. 

Un an plus tard, on s’est revu et on s’est mis ensemble. Nous avons continué notre discussion sur ce qu’on pouvait apporter dans le domaine du retail. Après l’étude de marché global, et le fonctionnement du modèle économique du vêtement, on s’est rendu compte que ce qui était le plus pérenne aujourd’hui, c’était la seconde main. Etant tous les deux consommateurs de seconde main, on s’est donc dit “pourquoi pas ?”.

Sinon concernant le parcours de Shahineze. Elle a un master dans le domaine de la mode, et elle a travaillé cinq ans chez Maje, et ensuite trois ans en tant que freelance pour différentes marques. Elle voulait aussi créer une entreprise dans le monde de la mode, ouvrir un atelier boutique, etc… Ce concept vient d’elle du coup, c’est-à-dire, avoir un modèle circulaire au niveau de l’utilisation du vêtement, qui rendrait vraiment le projet responsable. 

La volonté de créer ce shop vient, en quelque sorte, du triste constat que beaucoup de vêtements sont juste jetés ou abandonnés. Est-ce que l’objectif de Compilstore est de promouvoir une nouvelle façon de faire vivre les vêtements dans le temps ? 

Au delà du fait que les vêtements sont jetés et abandonnés, il y a un constat beaucoup plus simple. 

Actuellement, concernant les quantités de vêtements, on a de quoi habiller la planète pendant les vingt-cinq prochaines années.C’est un constat assez alarmant qui est lié à un autre constat qui est le fonctionnement de la fast-fashion. 

Aujourd’hui pour s’habiller, on achète un vêtement fabriqué à l’autre bout du monde dans des conditions abjectes. Donc au niveau social aussi bien qu’écologique, on est dans un système aberrant. C’est à dire que pour limiter les coûts aujourd’hui, on a eu une logique de consommer d’une mauvaise manière. 

L’idée de notre côté est de ramener ce phénomène de proximité puisque nous, tous les vêtements qu’on chine sont trouvés en France. C’est évident pour nous de récupérer des vêtements plutôt que d’en créer puisqu’on a 25 ans d’avance.

D’où vient le nom du shop ? Compil et Store ? 

En fait, nous sommes tous les deux nés en 89. Et on est de la génération 90, on a grandi avec des compils sur cassette, sur CD… On s’est donc inspiré de ce qu’on connaissait, de notre génération pour trouver le nom. On a fait une liste d’une dizaine de choses qui nous inspirait, qui relatent notre jeunesse et on a trouvé le nom comme ça.

Comment définiriez-vous l’univers de Compilstore ? Est ce qu’il y a du coup un lien avec ces années 90 ?

Oui bien sûr, l’univers du magasin Compilstore est très années 90 – 2000, et principalement 90 qui est notre génération. Mais par rapport à ce que nous vendons, on va vendre des pièces des années 90 mais on n’est pas dans une logique de vendre uniquement des pièces vintage de ces années. Ce que nous proposons c’est vraiment de la seconde main, et l’idée est de donner une deuxième vie à des vêtements qui ont été jetés, des vêtements de toutes époques.

Quelles pièces peut-on trouver dans la boutique ? 

On a un univers qui est streetwear avec Shahineze. On peut trouver tous types de marques :  Du Ralph Lauren vintage, du Adidas vintage… mais également une large sélection de sweats, beaucoup de Levi’s,  des pantalons pattes d’eph… Donc ça tourne pas mal autour du streetwear mais bien sûr, il n’y a pas que ça.

Notamment, vous faites de l’upcycling. Qu’est ce qui vous inspire quand vous redonnez vie à un vêtement ? 

Tout à fait ! Shahineze s’occupe de l’upcycling. Elle est styliste et couturière de métier, et elle aime créer. C’est tout naturellement l’aboutissement de la circularité du modèle. 

L’idée c’est d’utiliser tous les vêtements qu’on ne va pas pouvoir mettre en vente, récupérer les meilleures parties pour faire des vêtements uniques. Parce que la mode c’est aussi ça, porter de l’unique donc faire de nouveaux vêtements uniques avec tout ce qui ne peut pas être réutilisé. 

En résumé, vous donnez soit une seconde vie à une pièce en bon état, ou vous donnez une nouvelle vie à des pièces que vous avez upcyclé. En voyant ce que vous faites, j’ai envie de dire que le vêtement a mille et une vie ! Dans un monde où la fast fashion est encore bien présente, penses-tu que l’avenir de la mode est durable ? 

Oui bien sûr ! Je dirais même que la mode doit devenir durable. Les modèles économiques présents aujourd’hui ne sont pas cohérents. On est sur des problématiques écologiques car la mode est l’un des cinq pôles les plus polluants au monde. Au vue de l’urgence écologique et environnementale, la mode doit absolument devenir plus responsable, et se transformer en un secteur durable ! 

Compilstore est la somme de : “petits prix”, “écologique”, “qualité” et “style”. Comment avez-vous déterminé ces valeurs ?

En fait, quand on a créé Compilstore, on a regardé quelles étaient aujourd’hui les points de friction qui empêchent encore les gens de consommer de la seconde main, ou qui les rebutent quand ils vont dans un magasin vintage. 

Il y a plusieurs choses qui sont sorties mais trois principalement.  D’une part le prix, parce que aujourd’hui les magasins deviennent plus vintage et se permettent des prix qui eux aussi deviennent aberrants. D’autre part, les vêtements ne sont pas lavés. Souvent les gens quand ils rentrent dans les fripes ou les magasins de seconde main, ça ne sent pas bon. Et enfin, ça va être le personnel qui n’est pas toujours accueillant. 

« Au vue de l’urgence écologique et environnementale, la mode doit absolument devenir plus responsable, et se transformer en un secteur durable ! »

Alexis, co-fondateur Compilstore

Nous nous sommes simplement dit, en toute modestie, que nous allions résoudre ces problématiques là. Donc on va vendre moins cher que les autres. On va vendre des vêtements stylés, uniques et lavés. Et on va être sympa avec les gens parce que de toute façon c’est notre manière d’être.

Il faut savoir qu’il y a un rôle social au niveau de la seconde main. Notamment parce que beaucoup d’étudiants viennent chez nous.  Ça n’a pas de sens aujourd’hui d’aller vendre un chemisier, parce qu’il est vintage, et qu’il est sympa, à 45-50 euros à un étudiant. Chez nous, il n’y a pas vraiment de différence de prix entre la plupart des vêtements. Par exemple, si tu prends un sweat vintage, que ce soit Nike, Adidas, ou Reebok, ce sera 18 euros, et ce, peu importe l’époque du sweat. Si tu prends un jean Levi’s, qu’il soit des années 80, 90, 2000 ou même plus récent, ce sera 25 euros.

D’ailleurs, je rebondis sur la qualité de l’accueil, merci pour les Chocobons !

Mais tu vois, c’est des trucs tout bête, mais on s’en rappelle.

Les gens quand ils passent chez nous, ils passent un bon moment. Il peut y avoir un peu de queue, on traverse une période un peu difficile qui limite les accès. Même par la suite, on continuera de limiter pour ne pas se retrouver comme dans certains shops à 100 dans 35 m². Il faut que chacun puisse vivre une expérience cool et que les gens ne se marchent pas les uns sur les autres. 

Donc pour limiter cette problématique de l’attente, on propose des chocobons au gens et on fait aussi des événements pour remercier les gens qui nous suivent. On met plein de choses en place pour ne pas être qu’un simple magasin mais une vraie expérience client. Quand tu viens chez nous, tu sais que tu vas passer un bon moment.

Tu m’as parlé d’événements, j’ai vu qu’il y en a eu un le 14 novembre dernier. C’est quoi les prochaines étapes pour Compilstore ? J’ai vu qu’il y a un site en cours de création !

Oui nous avons eu notre premier événement, en collaboration avec une influenceuse qui s’appelle Samantha (@lesbonnessappes). 

On a fait une grande braderie ! L’idée c’est que le flux des vêtements change assez fréquemment. On ajoute des nouveautés tous les jours, on fait des restocks assez souvent. L’idée c’est de se dire, ça fait 2 mois que nous sommes ouverts, on casse les prix de tout le magasin, comme ca tout le monde peut venir s’habiller, et nous on remplit le magasin avec des nouveautés. 

Tout le monde est content !  La première étape c’était cette grande braderie le 14 novembre. Ensuite nous allons ajouter un portant luxe à la boutique, toujours à des prix abordables et on va aussi faire des événements privés. Par exemple, un vendredi soir, on prendra un apéro tous ensemble et on proposera tout le nouveau stock en avant première aux personnes inscrites. Ce sera aussi le moment de montrer le nouveau portant vintage luxe.

Donc pas mal de choses à venir !

Oui, et pour le site internet, on vient d’intégrer Isabelle qui vient de commencer chez nous en alternance ainsi qu’Andy qui est en stage chez nous. L’idée, c’est d’avancer par étape. 

Nous avons fait notre premier événement, puis nous travaillons sur le site internet qui devrait être prêt d’ici quelques semaines.

Si j’ai bien compris vous êtes 4 sur Compilstore actuellement ? 

Nous sommes cinq avec Ronan qui est dans le magasin avec Shahineze. L’équipe se crée au fur et à mesure. Nous fonctionnons comme une start-up. L’idée est de se développer rapidement pour aller contrer les grosses boîtes. Ça peut paraître démesuré, mais si on ne se fixe pas d’objectifs importants, on n’atteint pas grand chose. 

L’objectif de Compilstore est d’apporter une solution au milieu de la mode.

Merci à Alexis pour cet échange et pour nous avoir présenté Compilstore. Un message pour les amateurs de mode qui souhaitent être plus responsables ? 

Il y a une autre manière de consommer qui est tout aussi stylée et moins nuisible pour la planète. L’urgence est là ! 

Qu’on le veuille ou non, on est sur un système de consommation capitaliste. C’est à dire qu’aujourd’hui les entreprises se créent pour faire de l’argent. Les gens consomment. Tu ne peux pas dire au gens du jour au lendemain, arrêtez d’acheter des vêtements, car ils ne vont pas t’écouter. Par contre, c’est le devoir des entreprises de proposer des alternatives plus écoresponsables.

Par exemple, il y a un truc sur lequel je planche actuellement. Comment faire de la livraison avec le site internet qui soit plus responsable. C’est le genre de petits sujets qui au final changent tout sur la démarche d’une entreprise. 


Merci à Alexis, cofondateur de Compilstore pour cet échange ! Retrouvez ce super shop au 34 rue Notre Dame de Nazareth dans le troisième arrondissement de Paris et sur leurs réseaux sociaux.

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