À Namur, deux sœurs, Louise et Eva, upcyclent des tissus de seconde main pour en faire des sacs uniques, garantis à vie. Allons à leur rencontre avant leur deuxième drop, le 28 septembre.
À l’origine de Meuze, deux sœurs : Louise et Eva
Qui êtes-vous, qu’est-ce que vous aimez ?
Nous sommes deux sœurs belges de Namur. On a toujours eu envie de monter un projet ensemble : à 6 et 9 ans, on gérait une agence de voyage dans ma chambre, à 10 et 13 ans on envisageait sérieusement d’ouvrir un Ikea dans notre village. Et à 29 et 32 ans… une marque de sacs upcyclés. On dirait que ça nous a toujours démangées.
Comment la mode vous inspire, et comment vous l’imaginez ?
Ce n’est pas tant la mode qui nous inspire, mais celles et ceux qui la portent. Les passants, les gens actifs, à vélo, à pied, dans les transports, au marché, au café : c’est leur rythme qui nous a inspirées. On imagine la mode comme un véritable compagnon de route, présent dans chacune des aventures de ces personnes. Le sac Meuze a été pensé pour être ce compagnon idéal.
Comment est né Meuze ?
En se promenant dans le piétonnier namurois, le marché du samedi, la brocante du dimanche, on s’est rendu compte qu’aucun sac ne venait vraiment de Belgique. Tout ce qui existait était produit ailleurs, importé, anonyme. On s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire avec ce qu’on avait sous la main : des tissus qui dormaient dans des greniers, des merceries, des marchés.
Meuze, une pièce unique et durable
D’où vient l’idée de la boucle réglable, et comment choisissez-vous vos tissus ?
La boucle réglable était évidente pour nous. Pour que Meuze soit un vrai compagnon, il fallait qu’il puisse se porter à l’épaule ou en cross-body (hyper pratique pour le vélo !) et que la taille s’ajuste facilement. Pour les tissus, on a quelques règles simples : être de seconde main, assez épais (type nappe, rideau…) et avoir une maille suffisamment serrée. Pour les couleurs, on marche au coup de cœur, le nôtre et celui de notre communauté : on demande régulièrement l’avis de celles et ceux qui nous suivent pour être sûres de proposer les tissus qui vont leur plaire.
La garantie à vie, comment ça se passe concrètement ?
Chez Meuze, chaque sac est couvert par une garantie à vie sur les défauts de confection : une couture qui se découd, un accessoire défectueux. Elle ne couvre pas l’usure naturelle, le non-respect de la notice d’entretien, ou les déchirures, taches et brûlures. Concrètement, ça se passe en quatre étapes : la cliente remplit un formulaire, on confirme la prise en charge sous 5 jours ouvrables, elle nous envoie le sac, et notre atelier s’occupe de la réparation avant de le lui renvoyer. C’était vraiment une condition sine qua non pour nous : trop de vêtements arrêtent d’être portés parce qu’ils ont besoin d’être réparés et qu’on ne sait jamais où aller. Meuze propose une solution facile, et à vie.
Vous confiez la production de ce deuxième drop à un nouvel atelier, comment ça s’est passé ?
Depuis le début, on s’était dit qu’on ferait appel à un atelier de confection pour les futurs sacs, en Belgique, et idéalement avec un projet social derrière. On connaissait des endroits dans d’autres villes belges, puis Repair and Wear a commencé à nous suivre sur Instagram, et c’était exactement ce qu’on cherchait. C’est une coopérative textile basée à Namur, installée à l’arrière d’un magasin de seconde main, qui travaille avec des personnes en réinsertion professionnelle (Julie et Béatrice en sont les gérantes). Le premier drop, on l’avait cousu nous-mêmes, entre l’atelier d’une amie et le jardin d’Eva à Salzinnes. Avec Repair and Wear, on peut monter en volume tout en gardant un ancrage local et une dimension sociale à laquelle on tient.
Deux sœurs chineuses dans l’âme
Au-delà de Meuze, avez-vous l’habitude de chiner ?
“Dans l’armoire l’une de l’autre, ça compte ?” On a toujours adoré chiner, ça nous a toujours accompagnées. Petites, on allait avec notre maman aux marchés aux puces près de chez nous. Nos appartements ont été en grande partie meublés avec des pièces de seconde main. Et dès qu’on visite une ville, on regarde où se trouve la friperie la plus proche.
Les bonnes adresses chinées de Louise et Eva, à Namur
- Habits : Besap et Bonne Maman
- Intérieur maison : Ravik Boutik
- Brocante : chaque dimanche matin à Jambes, le long de la Meuse
- Livres, CD, jeux : Radm’Âm
Une anecdote sur un tissu chiné ?
Lorsqu’on travaillait encore sur le prototype du sac, on avait l’habitude de réfléchir aux améliorations possibles dans un café à Namur. On était installées un après-midi, hyper heureuses de se rapprocher du résultat final, quand une dame d’une septantaine d’années, qui nous avait vues analyser le sac sous tous les angles, est venue discuter avec nous. Elle nous a expliqué qu’elle cousait elle-même des sacs depuis des années, nous a montré plusieurs de ses modèles, et a observé le nôtre pour nous donner des conseils sur ce qui pouvait être amélioré. C’était un super moment, qui nous a confirmé qu’on était sur le bon chemin.
Vous avez proposé aux consommateurs et à vos abonnés de vous accompagner pour aller chiner les tissus de ce deuxième drop, c’est plutôt inhabituel qu’une marque propose ça ! Pourquoi cette envie ?
Depuis le début, on a envie d’être 100 % transparentes sur notre fonctionnement chez Meuze, du choix des matières à la création de la marque, jusqu’au processus de production. Et comme on adore chaque étape, on était ravies de pouvoir la partager. Aller chiner les tissus et les accessoires, c’est un moment qu’on adore : on se retrouve entourées de milliers de tissus remplis d’histoire, et on essaie de se projeter, ce qui pourrait plaire, ce qui est intemporel, ce qui répond aux demandes reçues en message. Pour ce deuxième drop, on est allées dans une mercerie de seconde main à Bruxelles, R-Use. On a passé plus de deux heures à fouiller chaque rayon, à imaginer chaque tissu transformé en sac. C’était intense, ça demande de faire des choix, mais c’était vraiment top !
Le prochain drop : rendez-vous le 28 septembre
Rendez-vous est donc fixé au 28 septembre, avec 15 sacs aux couleurs de l’automne. Chaque sac coûte 119 € ; sur leur site, la marque détaille l’ensemble des coûts liés à sa confection, dans la même logique de transparence. Tous les sacs Meuze partagent le même modèle (mêmes dimensions, mêmes finitions, mêmes caractéristiques pratiques), pensé comme le sac qu’elles rêvaient d’avoir : beau, pratique, confortable et éthique. Ce qui rend chaque pièce spéciale, c’est le tissu : cousu à la main dans l’atelier de Bouge à partir de matières de seconde main, chaque sac est produit en petite quantité et ne sera jamais reproduit à l’identique une fois vendu.
Le conseil Meuze
Peut-on garder une pièce mode longtemps ? Quelle est votre astuce pour bien la conserver ?
Oui, sans aucun doute, une pièce mode peut le rester jusqu’au bout. Honnêtement, pas d’astuce révolutionnaire : le plus important, c’est de choisir une pièce coup de cœur, une pièce qui peut vous accompagner à chaque étape de la semaine, une pièce intemporelle qui traverse les saisons. Il existe une infinité de façons de porter une pièce mode et de l’associer au reste de son dressing. Alors, le plus important : ameuzez-vous !
Ce qu’on retient de cette rencontre ? Que chez Meuze, la mode est avant tout un prétexte à la rencontre : celle avec Repair and Wear Studio, celle avec la dame du café, celle avec une communauté consultée jusque dans le choix des couleurs. Le sac en est le fruit : un compagnon de route qui accompagne autant qu’il raconte.
Meuze est à suivre sur @meuze.atelier et sur meuze-atelier.be


