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Chez Nous, une marque française aux inspirations tunisiennes

bannière Chez Nous

Découvrez Chez Nous., une marque éthique fondée par Camélia Hafsa Barbachi ! Cette créatrice a souhaité développer un projet inclusif proposant des pièces conçues de façon éthique. Bonne lecture !


Hello ! Avant donc de rentrer dans le vif du sujet, est ce que tu pourrais te présenter et nous expliquer ce qui t’a motivé à créer Chez Nous. ?

Ok ! Je m’appelle Camélia, j’ai 24 ans, d’origine Tunisienne et je viens du Nord de la France, plus précisément de Roubaix, à côté de Lille.

J’ai toujours eu un attrait pour la mode et je me rappelle vouloir depuis longtemps créer ma propre marque de prêt-à-porter.

J’ai fait des études de commerce à l’étranger où j’ai pu travailler dans une grande enseigne dans l’industrie du textile. Parallèlement à cette expérience, je commençais à devenir de plus en plus sensible à l’impact de la mode. C’est ainsi que j’ai décidé de rédiger ma thèse de fin d’études autour de l’impact de la fast-fashion et à comment on peut sensibiliser à un mode de consommation plus responsable.

Avec le confinement, et cette différence entre le métier que j’exerçais et mes valeurs, je me suis dit qu’il serait peut-être temps de démarrer ma marque. L’idée était en quelque sorte de développer une alternative aux marques actuelles, à la fast-fashion. J’avais bien conscience de la multitude de marques écoresponsables actuelles donc j’ai voulu créer quelque chose qui me ressemble.

Je ne me sentais pas représentée que ce soit dans la mode ou la société, donc j’ai réellement voulu mettre en avant la dimension inclusive.

Pour cela, j’ai voulu proposer un panel de tailles allant du xxs au 3xl mais aussi par la
représentation avec de profils très divers, comme des personnes d’origines Nord-africaines.
Concernant la fabrication également, j’ai souhaité travailler avec des ateliers d’insertions professionnels.

Tu avais déjà des compétences en dessin, en couture, etc… à tes débuts ?

Au début non ! J’avais un profil plutôt business dû à mes études donc il me manquait ce côté technique en mode. Du coup, j’ai décidé de suivre une formation de mode en parallèle de la création de la marque.

J’ai ensuite lancé une campagne de crowdfunding en octobre dernier qui a plutôt bien fonctionné ! J’étais super contente !

Actuellement, j’ai un site e-commerce et j’espère être référencé à divers endroits prochainement.

Et tu t’occupes donc de toutes les tâches !

C’est ça ! Je fais absolument tout toute seule, à part à la confection !

De A à Z, de l’ébauche au packaging, j’arrives à tout concilier. J’avais seulement fait appel à une modéliste pour l’aspect un peu plus technique d’une pièce mais c’est tout.

Félicitations !
Tu m’as parlé d’un rapport à la mode qui t’es venu assez tôt finalement. Tu saurais daté cet attrait ?

Vraiment depuis toute petite ! Je me rappelle avoir eu des books où je mettais mes dessins.

Mais pour être franche, cette vision a été particulièrement altéré par ma prise de conscience. Je m’étais peu à peu éloignée de ça et je n’achetais quasiment plus de vêtements, à part de la seconde-main.

Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que ce n’était pas forcément une solution pour tous. Du coup, à travers ma thèse, je me suis aperçue que les gens pourraient bel et bien consommer de manière plus éthique mais qu’il existe des freins.

C’est pour cela que la dimension ‘style’ de la marque est très importante. Je voulais toucher des personnes qui n’ont à priori pas d’intérêts pour les questions de l’impact de la mode.

Merci pour ces explications précises sur ta démarche ! Le nom Chez Nous. représente également bien cela, il y a cette idée « d’inclure » dans le méthode de fabrication aussi, puisqu’elle est Franco-tunisienne. Tu travailles avec un atelier d’insertion professionnel et un second, dit zéro-déchet. Peux-tu nous en parler ?

Tout à fait ! Le premier, celui d’insertion, est situé à Lesquin, dans le Nord. Ils travaillent donc sur le t-shirt Tataouine et le sac Chez Nous. Bag. Cela permet à des femmes isolées, des jeunes déscolarisés et aussi des migrants, d’y apprendre de nouvelles compétences pendant 3 à 24 mois. Le but étant qu’à l’issue de leur apprentissage, ils soient prêt à intégrer pleinement le monde du travail.

source : Chez Nous.

L’atelier « zero-déchet » s’occupe quant à lui du tricot des chaussettes. Il utilise un système de métier chaussant qui limite donc les déchets.

C’est un choix fort et important ! En second lieu, tu as aussi une fabrication Made In Tunisia, c’est bien ça ? Cet atelier est certifié GOTS et cela garantit des conditions de travail et un salaire juste, mais aussi un certain respect de l’environnement. Avec ce lieu, tu as d’une pierre deux coups pu faire valoir tes origines qui te tiennent sans doute à coeur, mais aussi assuré une fabrication durable.

Exactement, on y retrouve la certification GOTS, mais aussi SA 8000 pour la dimension sociale !

J’accorde un soin particulier à choisir des matières de qualités.
Pour le tee-shirt, j’utilise notamment un coton biologique et épais. La surchemise est quant à elle en Lyocell.

L’idée de concevoir en Tunisie me vient d’une volonté d’avoir un impact à la fois social et économique dans mon pays d’origine.

De plus, étant donné que l’inspiration des pièces me vient de mon héritage tunisien, c’était absolument naturel d’y faire fabriquer ces vêtements.

Pour en revenir aux certifications, c’était important pour moi qu’ils soient certifiés. Vu que j’habite en France, je n’ai pas forcément la possibilité d’être dans l’atelier et de voir ce qu’il s’y fait. Malgré tout, je m’y rends 1 à 2 fois par an ! Ensuite, c’est également d’un point de vue de la transparence puisqu’ils assurent un bon et bel environnement de travail ou encore un salaire juste, c’est important pour moi !

Et c’est donc dans ces ateliers que tu y fais fabriquer ta pièce phare : la surchemise Blouza Djerba ?

C’est bien ça ! Mais aussi le Bob La Goulette !

La surchemise est inspirée d’une pièce traditionnelle de l’île de Djerba dont vient ma famille maternelle. J’ai voulu rendre hommage à mes racines en retravaillant cet habit traditionnel et en y apportant des éléments contemporains.

Ça m’a permis de célébrer cette double-culture qui fait partie de moi !

On sent bien que c’est un projet qui te tient à coeur ! Pour en revenir à ta formation, tu as étudié l’impact plus que néfaste de la fast-fashion. Avec Chez Nous. tu sembles vouloir contrer ce phénomène. A mon avis, elle n’est pas prête de s’arrêter alors que dirais-tu aux gens qui ne sont pas disposé à passer le cap ?

C’est vrai, elle n’est pas prête à s’arrêter du jour au lendemain. Néanmoins, les gens peuvent faire pression et en quelque sorte, demander aux marques de rendre des comptes.

C’est notamment ce qu’on a pu voir avec le mouvement Who Made My Clothes ? de Fashion Revolution à la suite de l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh. Mais aussi, l’exploitation des Ouïgours en Chine.

Chez Nous. pour Fashion Revolution
source : Chez Nous.

En d’autres termes, en tant que consommateurs, nous avons un pouvoir. Si nous n’achetons pas, les marques devront s’adapter à notre demande. Je pense qu’on peut être acteur. Il faut s’intéresser davantage aux modes de fabrications de nos vêtements car ça ne nous engage pas seulement, il y a des personnes qui fabriquent nos vêtements.

Merci pour cet aparté et surtout de nous avoir donné ton avis sur la question !
Concernant la suite de ton aventure, nous avons pu voir des prototypes que tu présentais au Who’s Next, on peut en parler ?

On peut dire qu’il y aura de la nouveauté !

J’ai choisi de faire des choses différentes de la première collection, tout en gardant l’ADN Chez Nous. .

Le mystère reste entier ! Et quelle suite pour la marque pour cette année d’une manière générale ?

Je vais essayer de développer la marque pour qu’on puisse la retrouver un peu partout en France ou à l’international.

Très bien ! Donc pour l’instant, on peut suivre l’actualité de Chez Nous. sur les réseaux et se procurer les pièces sur le site internet, c’est bien ça ?

Tout à fait ! Et je peux déjà dire que je fais partie d’une boutique partagée de créateurs. Elle est située dans le Nord, à Villeneuve d’Asc. Rendez-vous à La Maillerie !

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